Dans nos esprits occidentaux, le terme futon (布団) évoque souvent l’image d’un canapé-lit qu’on déplie pour faire un lit, lorsqu’on reçoit des invités.  Cependant le futon japonais fait plutôt référence à un type de literie qui s’installe sur le sol, souvent sur le plancher de tatami (畳).
Simplicité et praticité sont les mots clés pour comprendre pourquoi les Japonais ont opté pour le lit futon et pourquoi ils continuent à l’utiliser.

Origine du lit futon au Japon

Avant d’être fait de coton, il semble que les lits japonais aient d’abord été de simples tapis de chanvre ou de paille, déposés à même le plancher de bois.  Un coussin recouvert de soie ou de fourrure fut par la suite rajouté sur le dessus et l’arrivée des planchers de tatami aurait également amélioré le confort.
Entre les 15e et 17e siècles, la production de coton devint très répandue au Japon et une nouvelle version du futon, cette fois fait de cette matière, fut introduite auprès de la population.

Estampe japonaise avec un lit futon

Le futon japonais

Le futon japonais est constitué de trois éléments : le shikibuton (敷布団), le kakebuton (掛け布団) et le makura (枕).

Le shikibuton est un matelas dont l’épaisseur varie de 5 à 15 cm.  Il y a toutes sortes de tailles et de compositions, mais il est généralement simple et fait de plusieurs couches de coton, le tout recouvert de shikifu (敷布), de draps.  Le coton possède une bonne capacité d’absorption de l’humidité, ce qui est très pratique dans un pays aussi humide que le Japon !

Le kakebuton, c’est la couette matelassée, et le makura, l’oreiller.  Le jour de mon arrivée à Tokyo, lors de mon premier séjour au Japon, j’ai dû me procurer un oreiller et il m’a fallu un bon moment avant d’en trouver un qui ne soit pas rempli de petites billes !  Il semble que les Japonais soient friands de ce type d’oreiller.

Entretien

Il est très important d’aérer régulièrement le shikibuton.  Certains le sortent dehors, au soleil, et le battent avec un futon-tataki (布団たたき), un outil en bambou, afin d’en faire sortir la poussière.  Lorsque j’ai été étudier le japonais à Osaka, la mère de ma famille d’accueil me faisait souvent étendre mon shikibuton sur la rampe du balcon de ma chambre, au troisième étage.  Pour le maintenir en place, elle le fixait avec de grosses pinces colorées, mais ça ne l’a pas empêchée de le faire tomber, par mégarde, sur le petit toit de la porte d’entrée !

Pour ceux qui n’ont pas le temps, il existe des séchoirs pour futon appelés futonkansōki (布団乾燥機) qu’on place entre le kakebuton et le shikibuton, lorsqu’ils sont étendus sur le sol.

Popularité du futon japonais

Bien que beaucoup de maisons japonaises soient aujourd’hui équipées de lits à l’occidentale, le lit futon au Japon reste très commun.  L’avantage de ce type de lit, dans les petites maisons japonaises, est qu’il est possible de le plier et de le ranger, pour pouvoir utiliser la pièce à d’autres fins.  Il est ainsi possible de vivre dans un appartement ne comportant qu’une pièce.  Une fois le futon rangé dans un coin, on peut installer une table pour manger ou travailler.

Certaines familles changent de futon d’une saison à l’autre, optant pour quelque chose de plus léger en été et de plus chaud en hiver.  Elles en ont aussi en extra, si jamais un invité resterait pour la nuit.

Pour ce qui est du confort, ça dépend des gens.  Certains vous diront que c’est ce qu’il y a de plus confortable au monde, d’autres diront que c’est comme coucher directement sur le plancher.  À chacun ses goûts : préférez-vous un matelas en mousse mémoire ou un matelas plus rigide ? Il vous faudra faire un choix, lorsque vous vous installerez au Japon.

Pour en connaître plus sur le Japon, suivez les dernières publication du blog de Go! Go! Nihon.