Contrairement au français, le japonais ne répond pas aux codes de l’alphabet romain. En effet, cette langue se compose de trois syllabaires ayant chacun ses usages et ses spécificités : les hiragana et les katakana, (que l’on peut qualifier d’alphabet japonais) et les caractères chinois, dits kanji. Découverte de ces trois modes d’écriture japonaise complémentaires.

Les kana

Apparus à l’époque Heian (794-1185), les kana sont dérivés des caractères chinois. On en compte alors deux systèmes, qui fonctionnent de manière analogue : les hiragana et les katakana.
De manière générale, les kana sont basés sur une retranscription phonétique de syllabes. On retranscrit ainsi premièrement les sons voyelles a, i, u, e, o, puis tous leurs dérivés produits à partir des consonnes k, s, t, n, h, m, y, r, w. Les lettres n et o, différentes des sons consonnes et voyelles précédents, viendront également compléter les syllabaires. On compte ainsi 46 hiragana et katakana.

Hiragana alphabet

Les Hiragana

Que ce soient les verbes, les noms ou encore les adjectifs, tous les mots d’origine japonaise peuvent s’écrire en hiragana. Cependant, comme toutes les langues, le japonais connaît de nombreux homonymes, ces mots de significations différentes qui s’écrivent de la même manière. Et très rapidement, la compréhension peut s’avérer difficile.

Prenons une phrase toute simple comme « Je mange mon petit-déjeuner avec des baguettes ». Oralement, cette dernière donnerait « Hashi de asagohan o tabemasu », et serait alors retranscrite de la manière suivante : はしであさごはんをたべます. Or, « hashi » ne signifie pas seulement « baguettes », mais correspond également au mot « pont ». Notre phrase peut alors vouloir dire « Je mange mon petit-déjeuner sur le pont ». Si dans une conversation orale le contexte peut facilement nous indiquer le sens du mot « hashi », à l’écrit, cela peut se révéler bien plus délicat, et ce notamment si le texte est très long. Afin de dissiper tout malentendu, on utilisera alors les kanji, porteurs de sens : 箸で朝ごはんを食べます. Ici, la phrase est la même mais avec les kanji.

Katakana alphabet

Les Katakana

Apparus peu après les hiragana, les katakana étaient utilisés par les étudiants bouddhistes pour retranscrire la prononciation des kanji qui leur étaient inconnus. Si aujourd’hui cette retranscription est bien souvent effectuée en hiragana, appelés furigana dans un tel cas, les katakana ont désormais d’autres utilités.

La principale ? Passer à l’écrit les mots d’origine étrangère. Généralement empruntés à la langue de Shakespeare, ces mots sont calqués sur leurs équivalents anglo-saxons. Parmi ceux que l’on rencontre fréquemment, on trouvera alors « teburu » (テーブル) basé sur le mot « table », « pen » (ぺン) qui se prononce de la même manière que son homologue anglais, ou encore « kurisumasu » (クリスマス) utilisé pour faire référence à la fête de Noël.

D’autres mots étrangers peuvent également s’écrire en katakana, bien qu’ils ne soient pas empruntés à l’anglais. C’est le cas par exemple des nouilles chinoises, les ramen (ラーメン), qui conservent leur appellation d’origine. Mais ces kana sont aussi très utiles lorsqu’il s’agit de passer à l’écrit des expressions du langage oral ! C’est pourquoi les onomatopées seront retranscrites à l’aide de katakana. Tout comme certaines marques déposées telles que Mazda (マツタ), ou Suzuki (スズキ). Enfin, les katakana peuvent aussi être utilisés pour accentuer certains mots, là où nous utiliserions le gras en français.

Bien que l’on puisse théoriquement tout écrire en kana, on utilisera généralement les kanji afin de faciliter la lecture et la compréhension du texte.

 Kanji alphabet

Les Kanji

Contrairement aux kana, les caractères chinois sont porteurs de sens. En effet, chaque kanji admet une forme, dite ossature, représentant un concept proche de la signification du mot : le kanji de la bouche, dit kuchi (口), sera ainsi symbolisé par un carré, analogie d’une bouche ouverte. Celui de la personne, hito (人), représentera un homme se tenant debout et le caractère des yeux, par exemple, dit me (目), prendra sans mal la forme d’un œil et de sa pupille.

L’ossature étant composée de plusieurs traits, il n’est ainsi pas rare de retrouver chez certains kanji des traits communs : les clés. Si ces dernières ne permettent pas, à elles seules, de deviner la signification du caractère, elles nous renseignent néanmoins sur le champ lexical de ce dernier.

Prenons la clé de la parole par exemple : 言. Ces traits se retrouveront ainsi dans tous les mots ayant un sens proche de celui du discours, tels que les verbes « dire » et « parler », iu (言う) et hanasu (話す), ou encore le kanji relatif à la presse magazine, shi (誌).

Empruntés à la langue chinoise, les kanji possèdent ainsi deux lectures : la lecture chinoise dite on’yomi (音読み) , généralement utilisée pour les mots se composant de plusieurs caractères, à l’image du kanji de l’aéroport, kuukou, que l’on écriera 空港, et la lecture japonaise, dite kun’yomi (訓読み), que l’on applique principalement aux mots composés de kanji et d’hiragana comme les verbes par exemple.

La norme informatique officielle compterait ainsi aujourd’hui plus de 10 000 kanji. S’il peut s’avérer difficile de tous les retenir, un même kanji possédant généralement plusieurs lectures on et kun, les caractères chinois représentent pourtant un élément fondamental de l’écriture japonaise. Porteurs de sens, ils dissipent tout malentendu sur la signification d’un mot. Plus courts qu’un ensemble d’hiragana, ils représentent également un gain de temps et d’espace pour celui qui les utilise.

Voici donc un petit aperçu du fonctionnement de l’alphabet japonais à l’écrit. Même si cela a l’air très complexe et fastidieux à première vue, il y a une certaine logique d’écriture à prendre en compte, notamment grâce aux clés qui permettent de comprendre le sens des mots écrits et qui une fois assimilée rend l’apprentissage plus facile !

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