Le shintoïsme est, avec le bouddhisme, l’une des deux religions majoritaires au Japon. Apparu bien avant que ce dernier ne soit importé de Chine au VIe siècle, le shintoïsme est associé à la naissance et au renouveau, tandis que le bouddhisme est la religion du funéraire. Complémentaires, ces deux religions vivent en osmose parfaite. Et bien qu’il soit possible de ne se revendiquer que de l’une d’entre elles, la plupart des Japonais sont bouddhistes ET shintoïstes. C’est pourquoi ils n’hésitent pas à se rendre régulièrement dans les deux lieux de prière qui leur sont associés : le temple bouddhiste et le sanctuaire shintō.

Découverte aujourd’hui du fonctionnement d’un sanctuaire japonais shintō !

L’architecture principale

Jinja (神社)

En japonais, le sanctuaire japonais se dit jinja. Composé de plusieurs parties allant du torii (鳥居 à l’autel, le sanctuaire est un lieu dédié aux kami (神), les divinités de la religion shintoïste.

Aujourd’hui, on estimerait le nombre de sanctuaires shintō à plus de 100 000 dans tout le Japon !

Et bien que certains Japonais s’y rendent régulièrement pour honorer une divinité particulière, la plupart d’entre eux ne s’y rend que pour les cérémonies du nouvel an ou les festivals annuels. Symbole du renouveau, c’est également le lieu où sont célébrés les mariages et les naissances.

Pourquoi on parle de sanctuaire dans le shintoïsme et non de temple comme dans la religion bouddhique ? Tout simplement à cause de l’agencement des idoles à honorer. Contrairement aux statues de Bouddha qui peuvent être placées à l’air libre et à la vue de tous, les statues de kami sont séparées des pèlerins par un petit mausolée, et ne sont que rarement laissées à la vue des croyants. Seuls les prêtres shintō ont la possibilité de les approcher de près.

Torii (鳥居)

Les torii sont de grandes portes rouges situées à l’entrée du sanctuaire. Très imposantes, elles marquent la séparation entre le monde des dieux et celui des hommes. C’est pourquoi, il est coutume de se baisser avant de les franchir, à l’image de ce qu’on fait lorsqu’on entre dans la maison d’autrui.

Sandō et lanternes rouges

La prière

Sanpai (参拝)

La prière shintō est très codifiée. Et il faut suivre tout un tas de petites règles avant de pouvoir énoncer ses souhaits à la divinité du sanctuaire.

Dit sanpai, le rituel shinto se compose en réalité d’un rite de purification à effectuer avant la prière en elle-même. En voici les grandes lignes :

  1. Se baisser avant de franchir le torii.
  2. Purifier ses mains et sa bouche au chōzuya (手水舎), la petite vasque d’eau située à l’entrée du sanctuaire. Pour se faire, prenez de l’eau avec le hishaku (柄杓), la grande louche en bois. Tenez le hishaku de la main droite pour verser un peu d’eau sur votre main gauche, puis portez la main mouillée à la bouche avant de faire passer le hishaku dans l’autre main pour purifier votre main droite. Reposez enfin la louche sur le socle en bois, la tête de cette dernière inclinée vers le bas.
  3. Se diriger vers l’autel, dit haiden (拝殿), en traversant correctement le sandô (参道). Le sandô est le chemin qui relie le torii à l’autel. Généralement, il est dallé pour être séparé du sol recouvert de gravier. Attention cependant à ne pas marcher au centre de ce dernier ! Chemin sacré, son centre est réservé aux divinités. Empruntez donc les côtés du sandô pour ne pas vous attirer de regards réprobateurs, humains comme divins.
  4. Devant l’autel, jeter une pièce de 5 yens. Les pièces de 5 yens sont réputées pour porter chance à cause de leur prononciation. « Cinq yens » se dit « goen (五円) » en japonais. Une expression, qui à l’oral, est similaire en tout point à « goen (ご縁) », le destin. A contrario, les pièces de 10 yens porteraient malheur. Faites donc très attention aux offrandes que vous faites !
  5. Une fois la pièce jetée, sonner la cloche pour faire fuir les mauvais esprits.
  6. Entamer ensuite les salutations. Appelées nirei-nihakushu-ichirei (二礼二拍手 一礼), les salutations sont très importantes puisqu’elles correspondent à une marque de politesse pour la divinité. Les mains jointes, on se baisse alors vers l’avant deux fois, on tape dans les mains deux fois également, on prie les mains serrées devant la poitrine, puis on se rebaisse deux fois à la fin de la prière pour clôturer le rituel.
  7. Redescendre enfin le sandô de la même manière qu’à l’aller et acheter quelques portes-bonheurs. Bien évidemment, cette étape n’est pas obligatoire. Et si votre capital chance est suffisamment élevé, vous pouvez très bien continuer la visite du sanctuaire sans aucune protection  »divine ». C’est à vous de voir…

Omikuji au sanctuaire japonais

Les portes-bonheurs

Omikuji

Les omikuji sont des prédictions que l’on pioche pour 100 yens environ (le prix dépend des sanctuaires) dans des boites situées aux alentours de l’autel. Valables pour l’année en cours, elles annoncent ce qui vous arrivera en amour, en santé, au travail, ou encore lors de vos futurs déplacements.

Il existe ainsi cinq sortes d’omikujji : les daikichi (大吉), les kichi (吉), les chūkichi (中吉),les shōkichi (小吉), et les kyō (凶) qui correspondent respectivement à une pioche très chanceuse, une pioche chanceuse, une pioche assez chanceuse, une pioche peu chanceuse, et à la malchance.

Si votre omikuji vous convient, vous devez l’emporter avec vous pour espérer voir les prédictions se réaliser. Dans le cas contraire, vous accrocherez alors le papier à l’endroit prévu à cet effet pour que le vent emporte la malchance.

Omamori au sanctuaire japonais

Omamori (お守り)

Pour quelques yens, vous pourrez également acheter près de l’autel des omamori, les portes-bonheurs japonais. Chance, amour, santé, réussite scolaire ou au travail, il en existe des centaines pour à peu près tout et n’importe quoi. Bien qu’il en existe plusieurs formes, la plus répandue est celle d’un petit sachet brodé à l’intérieur duquel est contenu un charme en papier. N’ouvrez surtout pas le sachet ! Le charme risquerait alors de se dissiper !

En général les omamori sont à garder avec soi pour une durée d’un an. Après quoi, il est coutume de les brûler et d’en racheter.

Ema dans un sanctuaire japonais

Ema (絵馬)

Les ema sont des petites tablettes en bois sur lesquelles sont gravés dessins et souhaits de la personne qui les achète. Les dessins sont alors spécifiques à chaque sanctuaire et varient selon l’année et la divinité qui est honorée. Bien souvent c’est l’animal du signe du zodiaque chinois de l’année en cours qui y figure.

Une fois votre souhait écrit au dos de la tablette, accrochez le ema à l’emplacement qui lui est réservé. Les divinités auront ainsi de la lecture à la fin de la journée.

Élégants et colorés, les sanctuaires shintō sont emblématiques de la spiritualité japonaise. N’hésitez donc pas à en visiter lors de votre prochain voyage au Japon ! Si vous voulez savoir quel type de séjour au Japon vous convient le mieux pour apprendre la langue et la culture, entrez en communication avec Go! Go! Nihon, qui se feront un plaisir de vous aiguiller !

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