On a tous en tête l’image d’un Japonais ne tenant pas l’alcool, le visage rouge, après seulement quelques gorgées, n’est-ce pas ? Pourtant, j’ai rarement vu des gens aussi enclin à aller prendre un verre. La culture de la boisson, au Japon, est très développée et on peut difficilement passer à côté.

L’alcool au Japon inclut un lot de règles et de coutumes, les connaissez-vous ?

La bière

La bière semble être, sans aucun doute, l’alcool préféré des Japonais. Si vous allez dans un bar, un restaurant ou un izakaya (居酒屋) avec des Japonais, vous les entendrez sûrement commander une nama bīru (生ビール), une bière pression, pour commencer la soirée.

Certains Occidentaux trouvent la bière japonaise trop légère, voire fade, mais avec des grands noms comme Asahi, Sapporo et Kirin, elle n’a pourtant rien à envier aux autres pays producteurs de bière. De plus, la bière artisanale est en plein essor et le Kansai est en train de se faire un nom dans ce secteur. Si vous passez par Osaka, prenez le temps de vous arrêter dans l’un des bars de la chaîne Beer Belly, propriété de la microbrasserie de Minoh, particulièrement reconnue dans le milieu des bières artisanales.

Le nihonshu

Le fameux alcool de riz japonais est appelé à tort sake (酒).  Le terme sake fait référence à l’alcool en général, incluant bière, vin, etc. Le nihonshu (日本酒), littéralement « alcool japonais », se boit froid ou chaud, au gré des saisons ; les Japonais ont tendance à le boire froid en été et chaud en hiver.

Le shōchū

Le shōchū (焼酎), littéralement « liqueur distillée », est une boisson alcoolisée distillée principalement à partir de patate douce et la région de Kyūshū en est une grande productrice. C’est un alcool plutôt fort, avec une teneur moyenne de 25 %, qui se boit on the rocks, rokku (ロック), ou dilué avec de l’eau, mizuwari (水割り).

Le whisky

Si vous êtes amateur de whisky, le Japon est un incontournable.  Les distilleries les plus connues sont Suntory Limited et Nikka Whisky Distilling Co. Ltd.  Au Japon, le whisky se boit sec, on the rocks, dilué avec de l’eau ou avec de l’eau gazeuse : haibōru (ハイボール).

L’umeshu

L’umeshu (梅酒), littéralement « alcool de prune », a une plus faible teneur en alcool et se boit également sec, on the rocks, dilué ou avec de l’eau gazeuse.

Le chūhai

Le chūhai (チューハイ) est une boisson composée de shōchū et d’eau gazeuse à saveur fruitée. Elle est très populaire sous forme de canettes ; les konbini (コンビ二) en offrent une large sélection avec différentes teneurs en alcool. La saveur la plus répandue est le citron, mais il est possible d’en trouver d’autres comme pêche, pamplemousse, raisin, prune, pomme, lime, mangue, etc.

Règles et coutumes de l’alcool au Japon

Il est mal vu, au Japon, de remplir son propre verre. Si vous voyez que vos compagnons ont vidé leur verre, prenez l’initiative de le leur remplir, ils feront de même avec le vôtre. Dans le cadre d’une sortie entre collègues ou avec un groupe de personnes dans lequel règne une certaine hiérarchie, il est habituellement de mise que les subalternes remplissent le verre de leurs supérieurs.

Il est considéré comme impoli de commencer à boire alors que les autres n’ont pas reçu leurs consommations. Si vous recevez votre bière avant celle des autres, attendez patiemment que le serveur arrive avec le reste. Vous pourrez alors trinquer tous ensemble.

Parlant de trinquer, il vaut mieux éviter de crier « tchin-tchin ». Si vous le faites, on vous regardera avec de drôles d’yeux parce qu’au Japon, tchintchin (ちんちん) est un mot enfantin qui fait référence au pénis. À la place, levez votre verre et dites kanpai (乾杯) !

Une personne ivre, endormie sur le trottoir

Nominication et nomikai

La société japonaise est truffée de règles de bienséance et aller boire un coup permet de délier les langues et d’effacer la hiérarchie sociale, le temps d’une soirée. C’est ce qu’on appelle la nominication (飲みニケーション) ou nomyunication (ノミュニケーション) : un néologisme composé du verbe boire nomu (飲む) et du mot anglais « communication ».

Boire est un acte social : cela permet aux membres d’un groupe de mieux se connaître et de se souder. C’est très fréquent chez les étudiants et les membres d’un club mais, surtout, chez les employés des entreprises.  Dans certaines d’entre elles, aller boire avec des collègues, après le travail, est considéré comme une exigence tacite.  Souder le groupe aura un impact sur la bonne performance de l’entreprise et rencontrer des collègues dans une ambiance informelle permet de décompresser et de parler et rire plus librement.

Cependant, les nomikai (飲み会), les sorties pour aller boire, sont très fréquentes et refuser d’y aller est considéré comme de l’impolitesse envers les collègues et l’entreprise. Même refuser un verre ou refuser de boire est considéré impoli : on pensera que vous ne voulez pas vous intégrer au groupe. Ainsi, à boire et boire, la plupart finissent complètement ivres à la fin de la soirée et on en trouvera sûrement certains endormis sur un banc public, par terre ou dans un train. Il est difficile de critiquer cette pratique, puisqu’elle fait partie de la culture de l’alcool au Japon, c’est ancré dans la société, mais des campagnes sont parfois menées afin d’en dénoncer les abus.

Et vous, aimez-vous l’alcool japonais ? Aimez-vous aller prendre un verre avec des amis ? Si vous avez répondu oui à l’une de ces questions, n’hésitez pas à tenter l’expérience des nomikai ! Vous pourrez consolider des amitiés et, qui sait, en créer de nouvelles !