On dit souvent que le japonais est une langue complexe à apprendre. L’une de ces raisons est l’utilisation du keigo, ou langage honorifique japonais. Vous pourriez penser que vous n’aurez jamais besoin d’apprendre le keigo japonais, mais c’est extrêmement important. Surtout si vous avez l’intention de travailler au Japon. Lisez la suite pour en savoir plus sur le japonais poli et pourquoi vous devriez apprendre le keigo.

Uchi et Soto

Le langage honorifique japonais est à la fois la cause et la conséquence de la particularité de la culture japonaise, en particulier le principe d’Uchi 内 et de Soto 外. Uchi et Soto représentent deux concepts fondamentaux qui façonnent la culture et la société du Japon. Uchi désigne les personnes qui font partie d’un cercle social particulier, en particulier votre cercle social. Cela peut être votre famille, votre équipe ou votre entreprise, tandis que Soto fait référence à des gens qui ne font pas partie de ce cercle social.

Comme vous le savez sans doute, la culture japonaise se concentre fortement sur l’harmonie sociale et sur le collectivisme (le « nous » contre le « moi » des sociétés occidentales plus individualistes). Par conséquent, en faisant partie d’un groupe et en respectant ses normes, il devient fondamental de pouvoir être considéré comme un membre à part entière de la communauté. Vous pouvez voir les effets du principe Uchi et Soto dans toutes les dynamiques sociales, de la politique à l’économie. On peut le représenter comme un système de cercles concentriques.

Prenons un exemple :

Vous êtes un joueur de l’une des équipes de football de votre université. Dans ce cas, le Uchi sera représenté par vos coéquipiers du même âge, tandis que le Soto sera représenté par votre capitaine, et le manager de l’équipe.

Vous pouvez aussi le voir d’un point de vue plus large. Par exemple, pendant un tournoi, votre Uchi sera votre équipe entière, tandis que votre Soto sera représenté par toutes les autres équipes en compétition. Et qu’en est t-il d’un point de vue encore plus large, comme pendant les Jeux universitaires, au niveau national. Dans ce cas, votre Uchi est toute votre université, et Soto sera les autres universités, venant d’autres parties du pays.

Ce type d’approche culturelle a également eu des effets profonds sur la sociolinguistique. Comment communiquer correctement avec des personnes en dehors de votre cercle social ? La réponse à cette question est le langage honorifique : le keigo. Ce concept fascinant, mais complexe, de la langue japonaise s’est développé à travers les générations, renforçant la construction sociale.

Le langage honorifique japonais est composé de trois types de langage distincts, chacun avec un ensemble spécifique de règles et de particularités. Son utilisation dépend du contexte et de la situation. Regardons-les ensemble.

langage honorifique japonais Keigo

Les différentes formes de keigo

Keigo (敬語) signifie « langage respectueux ». Il existe différentes formes de keigo selon la situation et le niveau de politesse requis : teineigo, sonkeigo et kenjougo.

Teineigo (丁寧語) est la forme polie standard et généralement la première que l’on apprend en classe. Ce langage est utilisé lorsque le conférencier ne connaît pas l’autre personne à qui il parle ou souhaite établir une distance entre lui et l’autre personne.

Exemple : manger est 食べる (taberu) en forme ordinaire, mais 食 べ ま す (tabemasu) en teineigo.

Dans une phrase : qu’as-tu mangé pour déjeuner ?

お昼ご飯何を食ましたか? (Ohirugohan nani wo tabemashitaka)

Sonkeigo (尊 敬 語) est utilisé lorsque vous faites preuve de respect si vous parlez à quelqu’un qui a un statut supérieur à vous, par exemple votre patron, les personnes plus âgées que vous, vos clients. Vous n’utilisez jamais ce formulaire pour parler de vous.

Exemple : au lieu de dire 食 べ ま す, vous diriez 召し上  (meshiagarimasu).

Dans une phrase : (en tant que serveur dans un restaurant de restauration rapide) voulez-vous manger ici ?

ここで召し上がりますか? (Koko de meshiagarimasuka ?)

Kenjougo (謙譲語) est utilisé pour faire preuve d’humilité. Vous utilisez ce langage lorsque vous parlez à un supérieur ou à quelqu’un d’un statut social supérieur à vous, vous rendant essentiellement humble en leur présence.

Exemple : 食べます devient いただ  (itadakimasu).

Dans une phrase : (en parlant à votre patron) J’ai mangé des ramen pour le déjeuner.

お昼ごに (Ohirugohan ni ramen witakimashita).

Plus que juste une façon de parler

Ce qu’il faut comprendre à propos du keigo, c’est qu’il s’agit bien plus que juste une question de langage. C’est quelque chose de profondément ancré dans la culture et la société.

Bien qu’il puisse être normal d’utiliser un langage informel dans de nombreux cas en occident, celà peut être considéré comme grossier au Japon. En effet il est extrêmement important de faire preuve de politesse, d’humilité et de formalité. C’est la culture du respect qui imprègne toute la culture japonaise. Le statut et la hiérarchie sont importants même dans le Japon moderne, profondément influencée par l’histoire féodale du pays.

Notez que le japonais utilise aussi de nombreuses autres façons pour refléter le système hiérarchique et il est important de bien les connaître aussi.

Difficile à apprendre mais indispensable

La forme polie du japonais est utilisée au Japon tous les jours, depuis les vendeurs en magasins s’adressant aux clients jusqu’aux employés parlant à leur patron. Par conséquent, apprendre le keigo est indispensable pour ceux qui souhaitent travailler au Japon. Les étrangers qui savent utiliser correctement le langage honorifique japonais seront beaucoup plus appréciés par leurs potentiels employeurs.

Cependant, il peut être extrêmement difficile d’apprendre le keigo simplement en utilisant un manuel ou en l’apprenant en classe. Même les Japonais doivent suivre des cours pour apprendre le keigo avant d’entrer dans le processus de recrutement.

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