Si vous vous intéressez un tant soit peu à la culture japonaise, il se peut que vous ayez déjà entendu à quoi ressemble la langue du pays du Soleil Levant. Il y a, comme dans toutes les langues, des habitudes linguistiques, des mots courants et des expressions que tout le monde utilise. Aujourd’hui, nous allons étudier l’une d’entre elles, qui représente bien la mentalité japonaise : l’emblématique « ganbatte » !

Si on traduit souvent « ganbatte » (頑張って) par « bonne chance » ou encore « bon courage » en japonais, le sens du terme est un peu plus profond que ça. Même si ce dernier sens est sous-entendu, ganbatte renvoie plutôt à l’idée de faire de son mieux. On souhaite du courage à son interlocuteur en lui disant de s’accrocher, de donner tout ce qu’il a pour parvenir à son objectif et ne pas abandonner. C’est une façon de témoigner de son encouragement. Et parfois, généralement dans un contexte professionnel, de faire comprendre que l’on attend des résultats de la part de son interlocuteur. Comme un « ne me déçois pas », mais plus sous-entendu !

Différentes formes de bon courage en japonais

Ganbaru, 頑張る, signifie littéralement tenir bon, persévérer. Comme en japonais il existe différents registres de langue, que l’on prendra soin de respecter selon le contexte, cette formule « fais de ton mieux » se décline en plusieurs formes :

頑張ってください : Ganbatte kudasai, registre formel ;

頑張ってね : Ganbatte ne, utilisé entre amis généralement, qui apporte un côté amical avec la particule « ne » en fin de phrase ;

頑張れ : Ganbare, impératif fort, qui peut venir d’un supérieur hiérarchique par exemple, notamment s’il attend plus d’efforts ;

頑張りましょう : Ganbarimashou, littéralement « accrochons nous / faisons de notre mieux », utilisé pour stimuler un groupe (au sport, au travail…) Ganbarou, 頑張ろう, est la même chose mais en version informelle ;

頑張ります : Ganbarimasu, formule à l’infinitif formel que l’on peut utiliser en réponse à « ganbatte » (hai, ganbarimasu, « oui je ferai de mon mieux ») ;

頑張る: Ganbaru, comme ganbarimasu mais dans un registre plus formel.

Ragazza giapponese urla Ganbarimashō

Les usages du bon courage en japonais

Comme ça fait beaucoup de choses à retenir, nous allons utiliser des exemples pour illustrer les différents usages du bon courage en japonais :

頑張ろう日本 : Ganbarou nihon

« Japon, accrochons-nous ! » (slogan qui a vu le jour après la catastrophe de mars 2011)

試験頑張ってね!: Shiken ganbatte ne

« Bon courage pour ton exam ! » (formulation très courante parmi les étudiants)

明日から新しい仕事を始める!: Ashita kara atarashii shigoto ga hajimaru

そうなんだ!頑張って!: Sou nan da ! Ganbatte !

はい、頑張るよ! : Hai, ganbaru yo !

« Je commence mon nouveau travail demain ! »

« Vraiment ? Bon courage ! »

« Oui, je vais tout donner ! »

Bandiera giapponese Ganbarou Nihon

Bon courage dans le domaine du travail

Pour finir, l’effet pervers : trop de ganbatte tue le ganbatte. On peut noter que ce terme est parfois — souvent même — utilisé comme moyen de pression, surtout dans le domaine du travail. Il n’y parait pas comme ça, mais c’est comme si tous les soirs avant de rentrer votre supérieur vous disait : « n’oublie pas, il faut t’accrocher ! »…

C’est une façon sous-entendue de faire part de ses attentes et / ou d’insinuer que l’on estime que son interlocuteur ne se donne pas à fond, mais sans lui dire directement. Et on lui rappelle très régulièrement sans pour autant expliquer ce que l’on attend, ce qui met inévitablement une pression affolante et très dure à gérer sur les épaules de certaines personnes.

Il n’y a pas vraiment de mot ou d’expression équivalent en français, et beaucoup de Japonais ne l’apprécient pas vraiment. Ganbatte renvoie aussi souvent à cette notion d’accepter les choses, de prendre son mal en patience voire même de « souffrir en silence » qui caractérise un petit peu la société japonaise…