{"id":30692,"date":"2018-03-31T16:00:45","date_gmt":"2018-03-31T07:00:45","guid":{"rendered":"https:\/\/gogonihon.com\/?p=30692"},"modified":"2023-06-22T11:25:20","modified_gmt":"2023-06-22T11:25:20","slug":"monde-des-geisha","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gogonihon.com\/fr\/blog\/monde-des-geisha\/","title":{"rendered":"Le monde fascinant des geisha au Japon"},"content":{"rendered":"<p>Qu&rsquo;il soit adul\u00e9 ou m\u00e9pris\u00e9, le monde des <em>geisha <\/em>fascine depuis des si\u00e8cles par les myst\u00e8res qu&rsquo;il rec\u00e8le. Tour \u00e0 tour musiciennes, po\u00e9tesses ou simple compagnes de soir\u00e9e, ces femmes ont en effet soulev\u00e9 de nombreuses passions. Retour sur <strong>l&rsquo;histoire<\/strong> d&rsquo;un univers qui intrigue.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-70656\" src=\"https:\/\/gogonihon.com\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/Geisha-at-Yasaka-Koshindo.png\" alt=\"\" width=\"798\" height=\"436\" \/><\/p>\n<h2><strong>Un monde artistique avant tout <\/strong><\/h2>\n<p>Compos\u00e9 du kanji de l&rsquo;art \u82b8 (<em>gei<\/em>) et de celui de la personne \u8005 (<em>sha<\/em>), le terme \u00a0\u00bbgeisha\u00a0\u00bb (\u82b8\u8005) signifie litt\u00e9ralement \u00a0\u00bbartiste\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Danse, musique, chant, calligraphie, po\u00e9sie, ou encore<a href=\"https:\/\/gogonihon.com\/fr\/blog\/ceremonie-du-the-art-millenaire-au-japon\/\"> c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9<\/a>, les geisha au Japon se pr\u00e9sentent en effet comme de v\u00e9ritables prodiges des arts traditionnels. Afin de ma\u00eetriser toutes ces disciplines, elles sont ainsi entra\u00een\u00e9es d\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge dans des \u00e9coles sp\u00e9cialement pr\u00e9vues \u00e0 cet effet, situ\u00e9es dans le <strong><em>hanamachi <\/em><\/strong>des grandes villes (\u82b1\u753a)<em>, <\/em>quartier qui regroupe les salons de th\u00e9. Elles r\u00e9sident alors dans des \u201cmaisons de geisha\u201d : les <strong><em>okiya <\/em><\/strong>(\u7f6e\u5c4b).<\/p>\n<p>Les entra\u00eenements y sont intensifs et demandent une grande rigueur que l&rsquo;on apprend d\u00e8s son arriv\u00e9e par le respect de la hi\u00e9rarchie. En effet, on ne devient pas geisha instantan\u00e9ment ! Et il faut savoir se plier aux r\u00e8gles instaur\u00e9es par l&rsquo;<em>okaa-san <\/em>(\u304a\u6bcd\u3055\u3093), la propri\u00e9taire de la maison et superviseur des artistes. D\u00e8s lors, la petite fille qui entre \u00e0 l\u2019okiya<em> \u2014<\/em> soit de naissance si sa m\u00e8re y travaillait soit si elle y a \u00e9t\u00e9 vendue \u2014 aura beaucoup de chemin \u00e0 faire avant de pouvoir pr\u00e9tendre au titre tant convoit\u00e9.<\/p>\n<p>Elle sera ainsi au service de ses a\u00een\u00e9es pendant son jeune \u00e2ge en parall\u00e8le \u00e0 ses cours, puis deviendra <strong><em>maiko<\/em><\/strong> (\u821e\u5993), une apprentie geisha pendant plusieurs ann\u00e9es aupr\u00e8s d&rsquo;une artiste confirm\u00e9e : une <em>onee-san <\/em>(\u304a\u59c9\u3055\u3093). Elle lui apprendra alors les ficelles du m\u00e9tier telle une grande s\u0153ur spirituelle.<\/p>\n<p>Expertes des arts traditionnels, les geisha au Japon seraient \u00e9galement \u00e0 consid\u00e9rer comme de v\u00e9ritables \u0153uvres \u00e0 part enti\u00e8re. Par\u00e9es des plus beaux <em>kimono <\/em>(\u7740\u7269) qui soient, maquill\u00e9es et coiff\u00e9es avec soin, ces femmes semblent en effet tout droit sorties d&rsquo;un monde onirique, dont la beaut\u00e9 et l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance sont sans \u00e9gal depuis plus de deux si\u00e8cles.<\/p>\n<h2><strong>De faire-valoir \u00e0 reines du divertissement <\/strong><\/h2>\n<p>C&rsquo;est au milieu de l&rsquo;\u00e9poque Edo (1603-1867) que le terme geisha appara\u00eet pour d\u00e9signer les artistes accompagnant les courtisanes du <strong>quartier des plaisirs de Kyoto<\/strong>. Et si ces derni\u00e8res vendent leurs charmes au plus offrant, il n&rsquo;en est rien des geisha dont le but est d\u00e9j\u00e0 de divertir les clients des premi\u00e8res par leur musique et leurs danses.<\/p>\n<p>Leurs talents multiples ne laissent alors personne indiff\u00e9rent et tr\u00e8s vite, les geisha ravissent les clients des courtisanes qui sont de plus en plus nombreux \u00e0 ne revenir dans les maisons closes que pour profiter de leur spectacle. En 1800, il devient m\u00eame impensable de participer \u00e0 une soir\u00e9e priv\u00e9e sans la pr\u00e9sence de quelques geisha venues divertir les invit\u00e9s. Petit \u00e0 petit, on les retrouve \u00e9galement dans de nombreux \u00e9v\u00e9nements mondains comme <a href=\"https:\/\/gogonihon.com\/fr\/blog\/les-tournois-de-sumo-leur-histoire-et-lobtention-de-billets\/\">les tournois de <\/a><em><a href=\"https:\/\/gogonihon.com\/fr\/blog\/les-tournois-de-sumo-leur-histoire-et-lobtention-de-billets\/\">sumo<\/a> (<\/em>\u76f8\u64b2<em>), <\/em>ou les expositions.<\/p>\n<p>Sous Meiji (1868-1912), leur popularit\u00e9 augmente encore. Et les geisha au Japon exercent d\u00e9sormais leur art chez les officiels et les grands patrons. Elles ne jouent alors plus seulement leur r\u00f4le d&rsquo;artiste, mais deviennent un atout majeur dans les transactions commerciales, leur simple pr\u00e9sence influen\u00e7ant grandement la signature des contrats. Gravitant dans les hautes sph\u00e8res de la soci\u00e9t\u00e9, elles sont \u00e9galement tr\u00e8s pris\u00e9es pour leurs relations et servent souvent d&rsquo;entremetteuses entre leurs clients.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1920, la profession est alors enfin reconnue dans le milieu du divertissement, et on compte plus de 80 000 geisha dans tout l&rsquo;archipel : c&rsquo;est l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or de leur activit\u00e9. Vingt ans plus tard, le bruit des canons remplace progressivement celui de la musique, les pr\u00e9occupations sont ailleurs qu&rsquo;\u00e0 la f\u00eate, et le monde des geisha s&rsquo;\u00e9teint progressivement&#8230; mais ne dispara\u00eet pas ! Et bien que les okiya aient obligation de fermer en 1944, leurs employ\u00e9es devant travailler dans les manufactures, ils rouvriront un an plus tard.<\/p>\n<p>Moins nombreuses \u00e0 renfiler leurs <em>kimono<\/em>,<strong> les geisha d&rsquo;apr\u00e8s-guerre<\/strong> peinent alors \u00e0 reconstruire la grandeur de leur profession, et l&rsquo;occupation am\u00e9ricaine est un v\u00e9ritable coup dur pour l&rsquo;art du hanamachi<em>. <\/em>En effet, le manque de travail, mais surtout la concurrence des prostitu\u00e9es se faisant passer pour elles dans le but d&rsquo;attirer les clients occidentaux en mal d\u2019exotisme vont nuire grandement \u00e0 l&rsquo;image des geisha au Japon. Et aujourd&rsquo;hui encore, le milieu a du mal \u00e0 se d\u00e9tacher de cette image sulfureuse. Il faudra ainsi attendre les ann\u00e9es 1960 pour que le monde du divertissement s&rsquo;int\u00e9resse de nouveau aux geisha.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-70646\" src=\"https:\/\/gogonihon.com\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/Geisha-hairstyle.jpg\" alt=\"\" width=\"798\" height=\"436\" \/><\/p>\n<h2><strong>Un art toujours populaire au XXI si\u00e8cle <\/strong><\/h2>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, il ne resterait au Japon plus que <strong>1 000 geisha<\/strong> environ, et principalement \u00e0 Kyoto qui d\u00e9tient le plus c\u00e9l\u00e8bre hanamachi du pays, le quartier de Gion.<\/p>\n<p>Situ\u00e9 au c\u0153ur de l&rsquo;ancienne capitale, <strong>Gion<\/strong> est l&rsquo;une des attractions favorites des touristes du monde entier. Et pour cause, parmi les b\u00e2timents d&rsquo;avant-guerre, il est encore possible d&rsquo;apercevoir quelques artistes partir travailler en d\u00e9but de soir\u00e9e. En effet, les geisha actuelles ne travaillent pas jour et nuit. Et elles quittent g\u00e9n\u00e9ralement l&rsquo;okiya vers 18h, pour y revenir aux alentours d&rsquo;une heure du matin, avant de rentrer chez elles. La maison de geisha n&rsquo;est alors plus un lieu de vie, mais un simple bureau qu&rsquo;on ne fr\u00e9quente que quelques soirs par semaine, lorsque d\u00eeners d&rsquo;affaires et autres soir\u00e9es priv\u00e9es sont \u00e0 l&rsquo;ordre du jour.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s convoit\u00e9, leur art est encore de nos jours r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9lite, et il vous faudra alors d\u00e9bourser entre 500 et 2 500 euros en moyenne pour une soir\u00e9e en leur compagnie. C&rsquo;est pourquoi, il est interdit de les prendre en photo par exemple si vous avez la chance de les croiser au d\u00e9tour d&rsquo;un rue. Bien qu&rsquo;on\u00e9reux, leurs services sont pourtant tr\u00e8s pris\u00e9s \u00e0 l&rsquo;heure de la mondialisation, o\u00f9 le Japon conna\u00eet un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour ses arts traditionnels. Cette nostalgie du \u00a0\u00bbbon vieux temps\u00a0\u00bb est notamment perceptible dans les m\u00e9dias, et plus particuli\u00e8rement le cin\u00e9ma, qui pl\u00e9biscite les geisha<em>, <\/em>\u00e0 l&rsquo;image du bucolique <em>M\u00e9moires d&rsquo;une geish<\/em>a<em>, <\/em>en 2005, qui pr\u00e9sente au spectateur l&rsquo;univers envo\u00fbtant du hanamachi \u00e0 travers les yeux de la jeune Sayuri\u2026<\/p>\n<p>Pour en conna\u00eetre plus sur le Japon, suivez les derni\u00e8res publication du <a href=\"https:\/\/gogonihon.com\/fr\/blog\/\">blog de Go! Go! Nihon<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu&rsquo;il soit adul\u00e9 ou m\u00e9pris\u00e9, le monde des geisha fascine depuis des si\u00e8cles par les myst\u00e8res qu&rsquo;il rec\u00e8le. Tour \u00e0 tour musiciennes, po\u00e9tesses ou simple compagnes de soir\u00e9e, ces femmes ont en effet soulev\u00e9 de nombreuses passions. Retour sur l&rsquo;histoire d&rsquo;un univers qui intrigue. 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